18 MARS 2017
146E ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE DANS LE XE ARRONDISSEMENT

jeudi 4 mai 2017 

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Devant la mairie du Xe

Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 se sont retrouvés le samedi 18 mars, à 11h00, à la mairie du Xe arrondissement, pour célébrer le 146e anniversaire du début de la révolution de 1871. Ce parcours — de la mairie du Xe à la place de la République — était placé sous le signe de l’apport de la Commune à la démocratie sociale et à la démocratie politique.

À la Mairie du Xe ces voix de femmes.

Depuis les marches de la mairie, Valérie Martineau évoque les femmes de Paris sous le Siège et pendant la Commune. Elle rappelle la création, le 11 avril, de « l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés », et le rôle de ses dirigeantes : Nathalie Le Mel (relieuse), Elisabeth Dmitrieff (intellectuelle russe, proche de l’Association Internationale des Travailleurs), Marceline Leloup (couturière), Blanche Lefebvre (blanchisseuse qui sera tuée sur une barricade le 23 mai), Aline Jacquier (brodeuse), Thérèse Collin (chaussonnière), et Aglaë Jarry. Les femmes interviennent sur toutes les questions, et dans les clubs, notamment, elles exposent leurs revendications et prennent la parole comme les hommes.

Après cette intervention, le premier adjoint au maire du Xe arrondissement, Paul Simondon, nous accueille dans le hall de la mairie, devant la plaque en hommage à « L’Union des femmes ».

Puis, de la mairie du Xe arrondissement, notre cortège prend la rue du Château-d’Eau jusqu’à la place de la République, en chantant.

À la Bourse du Travail la Démocratie Sociale.

Devant la Bourse du travail, Patrick Simon nous parle de la démocratie sociale sous la Commune. Car il s’agit d’un véritable bouleversement dans la « gestion des affaires de la Cité », et dans les rapports sociaux, aussi bien dans la Garde nationale qu’au sein des entreprises (agir sur le rapport de force entre travailleurs et patrons). C’est aussi la volonté d’égalité entre les citoyennes et les citoyens : «  à travail égal, salaire égal ». Un autre exemple de l’exercice de la démocratie sociale est la réquisition des ateliers abandonnés et la volonté de les transformer en association coopérative des travailleurs.

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Rue Léon-Jouhaux

Le Tivoli-Vauxhall et la Garde Nationale.

Rue Léon Jouhaux, en face du lieu où se trouvait le Tivoli-Vauxhall, Georges Beisson évoque cette salle de spectacle (doublée d’un café) qui accueillit de nombreuses réunions, notamment plusieurs sur le travail des femmes dès 1868. Mais, au moment de la Commune, c’est surtout l’activité de la Garde nationale qui prend toute la place.
En effet, c’est au Tivoli-Vauxhall qu’est créé, le 15 mars 1871, le Comité central de la Garde nationale [1] . Elle est l’aboutissement d’une longue histoire (de juillet 1789 à août 1871). Pendant la guerre franco-prussienne, plus de 300 000 hommes y sont mobilisés, devenant très vite une « milice populaire et républicaine  ». Le Comité central de la Garde nationale coordonne l’action des 20 légions d’arrondissement (chaque arrondissement ayant deux délégués dûment élus) et des 215 bataillons qui constituent la Fédération. C’est le Comité central qui, au soir du 18 mars, appelle aux élections qui mènent à la proclamation de la Commune le 28 mars.
Il prend aussi plusieurs autres mesures urgentes et importantes. Ce n’est donc pas surprenant qu’après la Semaine sanglante, l’Assemblée nationale prononce la suppression définitive de la Garde nationale, le 25 août 1871.

Notre parcours du 18 mars se termine place Johann Strauss et non, comme prévu, devant la statue de Marianne, place de la République (à cause de l’état d’urgence et de la manifestation prévue l’après-midi par la « France insoumise »).

DELESCLUZE et la barricade du Château-d’Eau.

Michel Puzelat relate, brièvement, l’itinéraire de cette grande figure de la Commune, mort sur la barricade du Château-d’Eau, à l’entrée du boulevard Voltaire, au soir du cinquième jour de la Semaine sanglante, le jeudi 25 mai 1871. Élu au conseil de la Commune par les XIe et XIXe arrondissements, «  ce vieux jacobin fait la jonction entre la tradition républicaine issue de 1793, de 1830, de 1848, et les nouvelles générations révolutionnaires apparues sous le Second Empire  ». Membre de la commission exécutive de la Commune, il est nommé, le 11 mai, délégué à la guerre. Et c’est à la tête des dernières troupes de Fédérés qu’il trouve la mort sur la barricade du Château-d‘Eau. N’oublions pas que «  la haine que lui vouaient les Versaillais était telle, qu’ils le condamnèrent à mort par contumace en 1874 ». Il repose, aujourd’hui, au Père Lachaise, et c’est en 1924 que son nom fut attribué à une rue du XIe arrondissement de Paris.

La République Sociale.

Pour terminer le parcours, toujours devant la statue de Johann Strauss, Jean-Louis Robert nous parle de ce qu’est la République « pour le peuple et par le peuple  ». Il souligne que les communards défendaient la République, où ils voyaient les promesses d’une possible égalité.
Mais cette République ne pouvait être que sociale, une République où le travailleur recevrait le produit de son travail. La République sociale, la « Sociale  », était alors la « vraie République ». Mais pour les communards, il ne s’agissait pas que de mots : «  La république démocratique et sociale est l’égalité des droits et des devoirs réalisée  ». Et l’on connaît l’importance de l’œuvre sociale de la Commune.

Jean-Louis Robert conclut en regrettant vivement que l’état d’urgence ne permette pas de développer in situ une comparaison des symboliques des deux grandes statues de La République, place de la République et place de la Nation.

Marc LAGANA


[1Voir l’article d’Yves Lenoir, « La Garde nationale en 1870 et 1871 », La Commune, n°66, 2e trimestre 2016, p. 10-13.

SUR LES TRACES DES COMMUNARDS À BRUXELLES

samedi 7 avril 2018 

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Les amies et amis au balcon de l’Hôtel de Ville

Le samedi 14 octobre au matin, nous quittons la place d’Italie pour Bruxelles. Le voyage ne fut pas trop dur. Nos ami.e.s nous attendent à l’hôtel Bedford, notre quartier général.

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Nos porteurs de pancartes, Viviane et Pierre

Christine et Jef nous font part des festivités minutieusement préparées pour ces deux jours de visite, et afin de nous démontrer l’obligation de revenir pour découvrir tous les lieux de la ville et le séjour des communards. Deux groupes sont constitués, « Jules Vallès » et « Louise Michel », pour nous rendre à La Fleur en Papier Doré, première halte pour nous restaurer, où commence notre périple. Les exilés de la Commune à Bruxelles sont environ 1500, près de la moitié sont des travailleurs manuels. Environ 220 lieux d’habitat et une trentaine de lieux de rencontre ont pu être recensés : rue du Midi et rue des Alexiens (noyau d’habitat de communards) et les quartiers avoisinants.

Nous arrivons au restaurant, lieu mythique fréquenté par les surréalistes, où nous passons un très bon moment avant de reprendre le circuit touristique : rue Haute (lieux de rencontre des exilés), rue Saint-Ghislain, où se situe le Mont-de-Piété.

Nous arrivons rue des Tanneurs, aux Archives de la Ville de Bruxelles, où nous sommes accueillis par une documentaliste qui nous explique l’organisation des fonds. En ce lieu se trouvent notamment les archives de la police ; quelques « fiches » de communards nous sont présentées, notamment celles de Jules Vallès et Auguste Okolowicz…

Nous passons devant les vestiges des remparts, puis arrivons devant le Palais de Justice, le plus grand bâtiment à l’époque, symbole de la justice écrasant le peuple en contrebas. Sa construction a nécessité la destruction d’une partie du quartier appelé La Marolle, des communards ayant été engagés pour ce vaste chantier. Nous traversons de nombreuses rues répertoriées comme lieu d’habitat et de rencontre des communards. Dans les galeries Saint-Hubert, au 27, la Taverne Royale est un lieu de réunion et le QG de Jules Vallès, qui fréquente également le 5, où sont édités plusieurs journaux.

Après être allés nous reposer un instant à l’hôtel, nous allons jusqu’à la salle Sacco et Vanzetti, où nous est servi un repas solidaire. Cette soirée est l’occasion de mieux nous connaître, d’échanger, de chanter.

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Consultation et commentaires aux Archives de la ville

Dimanche matin, nous continuons la visite de la ville avant de nous rendre à l’hôtel de ville, sur la Grand’Place. Le guide, Roel Jacobs, nous fait découvrir de très belles salles en nous racontant l’histoire de la Belgique, le tout ponctué d’anecdotes extraordinaires. Le bourgmestre (maire), Philippe Close, nous permet de visiter son bureau, avant de nous recevoir dans la salle et de nous parler de la Belgique, de l’attachement des Belges à leur commune.

Nous avons remercié le bourgmestre pour son accueil, pour ce qu’il nous a permis de découvrir et avons rappelé le rôle de Jef, sans qui rien n’aurait pu se réaliser. Jef Baeck a remercié le bourgmestre, puis nous avons pris un drink.

Après cette réception, nous sommes allés à La Kasbah pour déguster un couscous.

Il nous a fallu remonter dans le car pour récupérer nos bagages avant de nous rendre à la Fonderie, musée bruxellois des industries et du travail, où deux guides nous présentent ce qu’étaient le travail et la vie de ces ouvriers (hommes, femmes, enfants).

Les bonnes choses ont une fin et nous devons nous séparer pour reprendre le chemin du retour, avec dans la tête plein d’images, de souvenirs.

Un grand merci aux ami-e-s bruxellois qui n’ont pas ménagé leur peine pour nous organiser un superbe voyage. En plus, nous avions le soleil avec nous.

Françoise BAZIRE

AUX RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE DE BLOIS

samedi 7 avril 2018 

Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois se sont imposés, en vingt ans d’existence, comme le lieu de rencontre incontournable des professionnels et des amateurs de l’histoire, attirant, l’espace d’un week-end, plusieurs dizaines de milliers de personnes. Depuis maintenant quatre ans, les Amies et Amis de la Commune y ont trouvé leur place, à la fois avec leur stand dans le Salon du Livre, et en apportant leur pierre aux débats.

Le thème de l’édition 2017 était « Eurêka ! Inventer, découvrir, innover ». Près de 500 débats et conférences, réunissant 1000 intervenants, ont pendant trois jours décliné ce thème dans toutes ses dimensions. La Commune, comme « laboratoire de l’innovation politique et sociale », avait naturellement sa place dans cette manifestation. C’était le titre de la « carte blanche  » donnée aux Amies et Amis de la Commune pour une conférence prononcée par Jean-Louis Robert le dimanche 8 octobre et qui, bien que programmée dans un lieu un peu excentré, a fait salle comble.

Devant une salle attentive et en présence de nombreux membres de notre association, Jean-Louis Robert nous a offert une nouvelle fois une belle conférence, au cours de laquelle il nous a fait partager ses minutieux travaux de recherche, mais aussi ses joies à la découverte de nouveaux documents. Il nous rend impatients de lire son prochain livre.

Pendant trois jours, une quinzaine d’ami.e.s se sont relayés sur notre stand, installé entre la Société des Études robespierristes et le Musée de l’immigration – un voisinage qui nous va parfaitement – et qui a reçu la visite de nombreux festivaliers : des enseignants, bien entendu, qui cherchent à se documenter sur la Commune ; des jeunes, étudiants ou autres, à qui le mot « Commune » dit quelque chose, mais qui sont curieux d’en savoir plus ; des connaisseurs, comme Pierre Boisseau, adjoint au Maire de Blois qui a déjà animé deux émissions sur la Commune à l’antenne d’une radio locale, comme cette femme qui recherche un ancêtre communard, ou encore comme ce père de famille soucieux de transmettre à ses deux enfants son intérêt pour la Commune et qui fait le plein de brochures. Sans oublier Jean-Noël Jeanneney, président du Conseil scientifique des Rendez-vous, qui s’est arrêté quelques minutes à notre stand.

Bref, nous n’avons pas perdu notre temps. Les Rendez-vous de l’Histoire sont un lieu où nous pouvons toucher un public éclairé, mais non militant, venu de toute la France, que nous n’aurions pas forcément l’occasion de rencontrer ailleurs.

Au moment de la clôture, le dimanche soir, le thème de l’année suivante est dévoilé : en 2018, ce sera «  La puissance des images ». Nul doute que nous aurons des choses à dire.

Jean-Louis GUGLIELMI et Michel PUZELAT