BANQUET ANNUEL : LA COMMUNE EST BIEN VIVANTE !

mardi 8 mai 2018 

Plus de 180 personnes sont venues, le 17 mars, célébrer le 147e anniversaire de la Commune, lors de notre traditionnel banquet à la maison des syndicats CGT de Montreuil. Ce fut, aux dires de plusieurs convives, un beau succès.

Dès leur arrivée, nos Amies et Amis trouvaient nos tables de littérature, où Éloi Valat dédicaçait ses albums, Le Journal de la CommuneLa Semaine sanglante et L’enterrement de Jules Vallès.

Au début du repas, après avoir salué le souvenir de nos Amis Claude Willard et Jean-Claude Liebermann, la parole était donnée à Michel Puzelat qui, dans son intervention, rappela que les événements de Mai 68, dont nous allons fêter le 50e anniversaire, avaient un parfum de Commune de Paris. Une étape, donc, vers l’autre commémoration que nous attendons et que nous préparons, celle du 150e anniversaire de la Commune de Paris 1871.

Puis notre banquet se déroula avec une animation, ponctuée de chants révolutionnaires, dont une vibrante Internationale. Merci à Annette, Marie-Claude, Alice et Françoise. Ensuite, comme de coutume, ce fut le tirage de notre tombola. Merci à Claudine Boni de nous trouver tous les ans ces superbes lots, qui font toujours des heureux, et merci à Alec pour son aide précieuse.

C’est sans hâte que nos Amies et Amis quittèrent cette ambiance chaleureuse et fraternelle, en se promettant de revenir pour le 148e anniversaire.

Joël RAGONNEAU

18 mars 2018 dans le XIVe arrondissement à Paris

mardi 8 mai 2018 


La célébration du 147e anniversaire de la révolution du printemps 1871 a été marquée, le dimanche 18 mars de 15 h à 17 h , par une marche dans le XIVe arrondissement, de la place Denfert-Rochereau à la mairie du XIVe. Ayant retenu le thème du « peuple en mouvement » et de la « mobilisation populaire » en 1871, c’était l’occasion de faire le lien avec le 50e anniversaire de mai-juin 1968.

Place Denfert Rochereau : ces voix révolutionnaires

Roger Martelli parle des liens entre le printemps 1871 et celui de 1968. De la « Commune étudiante  » à la « Commune de Nantes », la mémoire de la Commune ne fut pas absente de ce printemps 1968. En effet, nous pouvons faire de nombreux rapprochements entre le « peuple en mouvement  » en 1871 et en 1968 : la « réappropriation populaire des espaces confisqués », l’effervescence démocratique, l’utopie de la Sociale et le rêve soixante-huitard du « Soyez réalistes, demandez l’impossible » ! En terminant, Roger Martelli souligne qu’en « cette année de cinquantenaire et à quelques encablures du 150e anniversaire de la Commune, nous n’oublierons pas que la mémoire de la Commune n’est jamais aussi forte que quand elle se confond avec les pulsations bouillantes de la vie, et que la ville est son territoire.  »

Puis Jean-Louis Robert évoque les étudiants dans la Commune. Sous le Second Empire, de nombreux étudiants prennent le chemin du parti républicain, et même du socialisme. Ce sont souvent des étudiants que l’ordre établi révolte, à l’image de Vallès, de Vaillant, de Vuillaume et de bien d’autres. À la différence de mai-juin 1968, le rôle des étudiants, qui étaient très peu nombreux, fut minime pendant la Commune. Néanmoins, la génération étudiante du Second Empire est bien présente dans la Commune. Jean-Louis Robert termine en soulignant que dans « l’élan démocratique et d’innovation que représente la Commune, des étudiants veulent inventer l’avenir, fondant la première forme du syndicalisme étudiant, un syndicalisme défendant ‘la liberté et la justice’ ».

Au Monument aux Fédérés du cimetière du Montparnasse : 
La semaine sanglante et Maxime VUILLAUME

Marc Lagana évoque la vive résistance dans le XIVe arrondissement au début de la Semaine sanglante. La mairie du XIVe, l’église Saint-Pierre-de-Montrouge, et surtout le cimetière du Montparnasse deviennent les centres de cette résistance, où les combats les plus vifs ont lieu le 23 mai [1]. Marc Lagana rappelle que, parmi les communards qui reposent au cimetière du Montparnasse, il y a Maxime Vuillaume. Pendant la Commune, Vuillaume dirige, avec Eugène Vermersch et Alphonse Humbert, un véritable organe révolutionnaire, Le Père Duchêne. C’est le journal le plus lu pendant la Commune, avec Le Cri du Peuple de Jules Vallès. De retour de son exil suisse en 1887, c’est seulement au début du XXe siècle qu’il rédige son oeuvre capitale — une histoire vivante de la Commune — Les Cahiers Rouges. Dans Les Cahiers Rouges, Vuillaume entend «  réhabiliter ce grand calomnié que fut le peuple de 1871 », en faisant « l’histoire de ceux qui n’ont pas d’histoire ». Ce travail, d’une grande qualité littéraire et de sérieux historique, est le fruit d’une collaboration étroite entre Charles Péguy et Vuillaume, entre celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas [2].

La Garde Nationale au 131, avenue du Maine

Jean-Louis Robert parle de la Garde nationale et des clubs dans le XIVe. En effet, le commandement de la 14e légion de la Garde nationale — dont le jeune artiste peintre Lucien Henry est élu colonel — s’est installé au 133, avenue du Maine. Et, au 10 de la rue Maison-Dieu, se trouvait la maison Paysan, un cabaret-bal populaire où eurent lieu, dès la fin du Second Empire, puis pendant le siège et la Commune, les réunions des clubs et des associations démocratiques. Jean-Louis Robert souligne que la Garde nationale, organisation de soldats-citoyens, est aussi une composante démocratique décisive du « peuple en mouvement » qu’est la Commune de Paris.
C’est la Garde nationale qui occupe, dès avant le 18 mars, l’espace du XIVe, gérant la mairie jusqu’à l’élection de la Commune.

L’action des clubs est moins connue, mais un club s’installe dans l’église Saint-Pierre-de-Montrouge et dans celle de Notre-Dame-de-Plaisance. Comme dans les autres clubs parisiens, les réunions étaient quasi-quotidiennes, le soir.

À la Marmite, au 147 rue du Château

Françoise Bazire évoque les coopératives dans le XIVe, et notamment Nathalie Le Mel et Eugène Varlin. Car c’est à Nathalie Le Mel qu’Eugène Varlin propose la direction d’une cuisine coopérative ouvrière, La Marmite, afin de fournir une nourriture saine et équilibrée, des plats abondants et de qualité, à des prix modestes. Rencontrant un grand succès dans le VIe arrondissement, puis dans le Ve, il faut rapidement installer trois succursales autonomes dans le IVe, le XVIIe, et au 147 rue du Château, dans le XIVe.

En exil à Londres, les communards installeront une Marmite sociale sur Rupert Street. Toutes les ressources étaient mises en commun et l’accueil de cette Marmite était si spontanément fraternel que la maison, puis le quartier, devinrent l’asile de tous les réfugiés politiques à Londres.

Sur le Parvis de la Mairie du XIVe : ces élus révolutionnaires

Pour terminer le parcours, sur le parvis de la mairie du XIVe, Jean-Pierre Theurier nous parle des élus du XIVe. Parmi eux, les artistes plasticiens jouent un rôle moteur dans la révolution, car ils sont particulièrement bien représentés chez les responsables de la Commune. Aux élections du 26 mars 1871, deux des trois élus du XIVe à la Commune sont des artistes peintres. Jules Martelet, qui exerce surtout la fonction de maire de l’arrondissement, intervient dans tous les domaines, notamment l’enseignement, les conditions de travail, l’aide aux nécessiteux, la prise en charge des orphelinats. Il y a aussi Alfred Billioray qui participe activement à plusieurs commissions à l’Hôtel de Ville.

Pour terminer, Jean-Pierre Theurier rappelle que, de retour d’exil en Suisse, Jules Martelet sera l’un des premiers secrétaires de La Fraternelle des anciens combattants de la Commune, ancêtre de notre association.

Marc LAGANA


[1Marc Lagana, « Commémoration au cimetière Montparnasse  », La Commune, n° 71, 2017/3, p. 15.

[2Marcel Cerf, «  Les Cahiers rouges de Maxime Vuillaume  », Cahiers des Amis de la Commune, n° 3, 1988.

À DIEPPE, L’ANNÉE BRUNO BRAQUEHAIS

mardi 8 mai 2018 

L’association dieppoise des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 tenait son assemblée générale samedi 10 février.

De g. à dr., Annick Décamp, trésorière, Sabine Audigou, Nelly Bault et Françoise Bazire, secrétaire nationale

Pour le comité de Dieppe, l’année 2018 sera, assurément, l’année Bruno Braquehais. En effet, la Ville de Dieppe, en collaboration étroite avec l’association, prépare un hommage à cet enfant du pays, né à Dieppe en 1823, au 139 de la Grande rue. Sourd, il part étudier à l’Institut national des jeunes sourds (INJS) de Paris. Il devient photographe. Son travail est salué dans plusieurs expositions, mais c’est surtout pour la beauté et l’importance de ses clichés pris dans les rues de Paris en 1871, pendant la Commune, qu’il est connu, et même considéré par des historiens comme le premier photographe reporter. Il est aussi connu pour avoir oeuvré à la défense des personnes sourdes.

Sabine Audigou, adjointe à la Culture et représentant la municipalité, a déroulé les grandes lignes du programme de cet hommage, qui intéressera tous les publics : curieux, amoureux de l’histoire, scolaires, etc., et qui se déroulera principalement dans la médiathèque Jean Renoir.
• du 16 mars au 6 mai, dans le hall : exposition des plus belles photos prises par Bruno Braquehais pendant la Commune et qui figurent, pour certaines d’entre elles, dans nos livres d’histoire. Des animations particulières pourront avoir lieu sur rendez-vous.
• du 16 mars au 22 avril dans le forum : présentation de documents sur la Commune, dont quelques-uns seront sortis des archives du fonds ancien.
• vendredi 16 mars à 18h, à la médiathèque : vernissage en présence de Sandrine Allier-Guépin, qui dédicacera L’oeil sourd de la Commune, la bande dessinée qu’elle a consacrée à Bruno Braquehais.
• samedi 24 mars, à 15h, au Studio de DSN : conférence sur « La presse à la fin du 19e siècle et sous la Commune », animée par Roger Martelli, historien, coprésident national de l’Association des Amies et Amis de la Commune de Paris 1871. On y débattra certainement de censure et de liberté de la presse.

D’autres événements sont en préparation.

Le comité dieppois tient à remercier la municipalité et Sabine Audigou, mais aussi Olivier Nidelet, le responsable de la lecture patrimoniale et des archives, qui est chargé de préparer cette exposition.

En 2018, le comité s’engagera aussi avec d’autres associations, à l’appel de la Ville, pour commémorer le centenaire de la fin de la guerre 14/18. Il proposera d’animer une conférence historique sur les origines de cette Première guerre mondiale.

Le comité participera aussi à une animation prévue dans le cadre du Printemps des poètes, à la Maison des associations. Il tiendra comme chaque année son stand dans les fêtes où il sera invité.

2018 sera donc une année bien remplie. 2017 l’avait été aussi : tenue du stand, hommage à Louise Michel et aux communards, banquet annuel, nombreuses réunions de travail en préparation de l’hommage à Braquehais et, surtout, réussite de la conférence du 4 novembre dernier, sur le thème « Pouvoir du peuple, peuple au pouvoir, la Commune, comme une espérance  », avec une salle comble et un débat animé. Françoise Bazire, secrétaire nationale, annonce les évènements parisiens pour 2018 et présente les projets de l’association pour commémorer le 150e anniversaire de la Commune.

Le bureau est reconduit.

La réunion se termine en chantant et en trinquant, en attendant les prochains rendez-vous.

Nelly BAULT