COMMÉMORATION AU CIMETIÈRE MONTPARNASSE

mardi 19 septembre 2017 

La cérémonie devant le monument à la mémoire de la Commune et des quelque 2000 fédérés inhumés au cimetière Montparnasse a eu lieu le dimanche 21 mai 2017. Longtemps eut lieu une cérémonie annuelle organisée par les organisations ouvrières de la rive gauche. Mais cette commémoration s’est perdue dans les années 1950. En 2013, les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 décident de reprendre cette tradition et d’organiser une commémoration tous les deux ans, au lendemain de la montée au Mur des Fédérés.

Dorénavant nous organiserons une cérémonie annuelle à la mémoire de la Commune au monument du cimetière Montparnasse, qui existe depuis 1910.

146 ans plus tard, nous avons rappelé ce que fut la Commune dans le XIVe arrondissement. En 1870, le peuple du XIVe était plus proche de la pauvreté que de la richesse. Dans ce peuple, les artistes plasticiens jouent le rôle moteur de la révolution. Aux élections du 26 mars 1871, deux des trois élus à la Commune sont des artistes peintres : Alfred Billioray, qui participe activement à plusieurs commissions à l’Hôtel de Ville, et Jules Martelet qui exerce surtout la fonction de maire de l’arrondissement. Lucien Henry (dit le colonel Henry), commandant élu de la 14e légion est aussi un très jeune peintre. Pendant le siège de Paris tous les trois s’engagent dans la Garde nationale et fréquentent les clubs. Martelet et Henry sont membres de l’Association Internationale des Travailleurs.

Dans l’action des communards du XIVe on retrouve les grandes valeurs de la Commune : la démocratie active, la démocratie sociale, l’égalité, la justice, la liberté…

Mais, le 21 mai 1871, l’armée versaillaise entre dans Paris, et c’est le début d’une répression féroce. Le XIVe arrondissement est occupé par les versaillais les 22 et 23 mai. La mairie devient un centre de résistance, de même que le cimetière Montparnasse et la place Saint-Pierre-de-Montrouge (actuellement place Victor-et-Hélène-Basch).
Les combats les plus vifs ont lieu le 23 mai sur les barricades autour du cimetière Montparnasse occupé par les communards sous la direction de Jean Allemane. À Saint-Pierre-de-Montrouge, les communards installent un canon de campagne dans le clocher de l’église. Après la prise des barricades du carrefour de Saint-Pierre-de-Montrouge par Boulanger (à l’époque colonel), on estime à une quarantaine le nombre d’exécutions sommaires devant l’église.
Le soir du 23 mai, les quelque 45 barricades sont prises et les versaillais sont maîtres de tout le XIVe.

Marc LAGANA

LE VOYAGE À BRUXELLES

mardi 19 septembre 2017 

Notre association et son comité de Bruxelles vous proposent, les 14 et 15 octobre prochains, une visite de la capitale sur les traces des communards et du mouvement ouvrier belge.

« Arrivant en Belgique à des époques différentes, tantôt venant d’un autre exil, tantôt échappés des bagnes français, le plus souvent ayant franchi clandestinement la frontière, les communards arrivèrent à Bruxelles avec l’espoir de pouvoir y trouver un havre de paix et surtout d’y employer, qui ses facultés intellectuelles, qui sa profession manuelle  », écrivent les historiens belges François Sartorius et Jean-Luc de Paepe [1]. « La situation était à cet égard favorable. Bruxelles se transformait (…) et quittait son allure provinciale, et encore très souvent médiévale, pour se transformer en une cité "haussmannisée" », ajoutent-ils.

C’est à une visite du Bruxelles des communards que nous vous convions les 14 et 15 octobre prochains.
Le samedi 14 octobre, à 7 h du matin, départ de la place d’Italie en car. Après quatre heures de route, arrivée à Bruxelles et installation à l’hôtel Bedford (hotelbedford.be), situé en plein centre, près de la Grand-Place. Déjeuner à La Fleur en papier doré (goudblommekeinpapier.be/fr), célèbre « estaminet folklorique », fréquenté par Magritte et les Surréalistes, et plus tard parAlechinski et les peintres du mouvement Cobra. Dessins et objets insolites tapissent les murs des trois salles en enfilade. Après le repas, visite des Archives de la Ville de Bruxelles, où une sélection de livres, journaux, affiches et dessins sur la Commune a été spécialement préparée pour nous. A 16 heures, Jef et nos amis du comité de Bruxelles nous convierons à une promenade sur les traces des communards et des militants du mouvement ouvrier belge.

Le soir, rendez-vous à un « dîner solidaire », pour faire plus ample connaissance avec nos amis belges, à la salle Sacco et Vanzetti, près de la Grand Place.

Le lendemain dimanche, grande balade de la place du Grand-Sablon à la place

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Plaque commémorant le premier domicile 
de l’écrivain sur la Grand-Place

du Jeu-de-Balle, où se tient le marché aux puces, appelé « vieux marché » par les Bruxellois. 
Retour à la Grand-Place pour prendre l’apéritif dans l’un des plus beaux édifices de l’architecture gothique de Belgique : l’Hôtel de Ville (construit entre 1402 et 1455). Déjeuner à La Kasbah, un restaurant marocain du centre.

L’après-midi est consacré à la visite de La Fonderie, Musée bruxellois des industries et du travail (lafonderie.be), édifié sur le site de l’ancienne compagnie des bronzes de Molenbeek-Saint-Jean. Créée en 1883, par un collectif d’habitants et d’historiens engagés, La Fonderie a pour objectif de préserver et de faire connaître la mémoire industrielle de Bruxelles et celle, plus générale, du travail sous toutes ses formes.

Puis ce sera l’heure du retour pour Paris, où l’arrivée est prévue autour de 20 h.

Si vous n’êtes pas encore inscrit, vérifiez s’il reste encore des places auprès du secrétariat de l’association, au 01 45 81 60 54 ou par courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

John SUTTON

Les communards à Bruxelles

Environ 2500 proscrits de la Commune résident à Bruxelles et dans ses

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Les galeries du Roi et le passage des Princes 
furent des lieux de rencontre prisés des communards.

faubourgs, entre 1871 et 1880 (date de l’amnistie) [2]. Parmi eux, 62 % exercent une profession manuelle, 18 % une profession intellectuelle, 12 % sont dans les affaires, 3 % dans les professions diverses, 2 % sans profession ou rentiers et 3 % de profession inconnue.

Les ouvriers spécialisés proscrits contribuèrent au tracé des boulevards du centre, à la construction du monumental Palais de Justice, de la Bourse et des serres de Laeken. Les communards appartenant aux professions dites « intellectuelles » trouvèrent à s’employer comme « rédacteurs de petits journaux intermittents, acteurs de théâtre, artistes-peintres, chevaliers d’industrie » [3]. Ils « formaient à Bruxelles, en 1872-1873, une colonie qui tenait ses quartiers aux galeries Saint-Hubert, à la Grand- Place, à la rue des Bouchers, à la place de la Monnaie, en résumé dans l’étroit quadrilatère où existait une vie nocturne ». Parmi les figures marquantes de la proscription, citons Jules Vallès, arrivé en Belgique en 1879, où il crée les journaux La Rue et La Commune. Son ami Georges Cavalier, surnommé Pipe-en- bois, est arrivé dès 1872. L’anarchiste Elisée Reclus enseignera la géographie à l’Université Nouvelle de Bruxelles jusqu’à sa mort en 1905. Les communards se réunissaient dans les estaminets comme la Taverne Saint-Jean, la Maison des Brasseurs ou la Maison du Cygne, sur la Grand-Place, où Marx a rédigé une partie du Manifeste du Parti communiste, où il a fêté le nouvel an 1848 et où sera fondé le Parti ouvrier belge en 1885.

JS


[1Les Communards en exil, Etat de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs entre 1871 et 1880. Cahiers bruxellois, 1971

[2Le Bruxelles des Révolutionnaires de 1830 à nos jours, sous la direction d’Anne Morelli. CFC éditions, 2016

[3F. Sartorius et J.L. de Paepe, Etat de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs (1871-1880). Cahiers bruxellois, 1971.

CHEZ LES AMIES ET AMIS BERRICHONS

mardi 19 septembre 2017 

Notre comité a le souhait d’intégrer l’histoire des événements et des femmes-hommes de province à celle de la Commune à Paris, pour connaître avec authenticité toute l’histoire de cette période (deux tiers des insurgés parisiens étaient d’origine provinciale), et ainsi de souligner le rôle qui incombe à tous les comités locaux pour diffuser la connaissance de cette histoire. La déclinaison de cette finalité se réalise de diverses manières : dans l’Indre, avec une histoire populaire de la Commune à travers le destin des natives et natifs du département ou des maçons ; dans le Cher, dans la continuité de l’année Vaillant et de moments particuliers de la vie démocratique. Notre activité est ouverte vers des partenaires très variés, tels médiathèques, bibliothèques, librairies, associations et cercles d’histoire locale, municipalités, établissements scolaires, organisations sensibilisées, et se traduit, entre autres, par des conférences tournantes, des entretiens-causeries, des expositions, des présences aux salons du livre et dans les médias, des projections, des actes de mémoire, des productions, etc. À l’appui des sources locales et régionales, base des recherches, le travail général d’histoire mené sur le Berry par le comité — et partout ailleurs dans les autres comités — favorise pleinement la compréhension d’un événement central du mouvement populaire et national. Aussi « éditer la Commune en province » apparaît comme essentiel ; donnons la parole à des éditeurs provinciaux liés à notre comité, qui mettent en lumière la place des historiens locaux.

JPS ÉDITIONS

Jean-Pierre Soumet, 33 rue d’Auron 18000 Bourges
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• Ma rencontre avec l’auteur des livres Je te parle au sujet d’Édouard Vaillant (La tête pensante de la Commune et Le grand socialiste) s’est faite par l’intermédiaire d’un auteur des JPS Éditions, spécialisées dans les écrivains de la région Centre-Val de Loire. Ce travail fut une belle résurrection pour le centenaire de la disparition de Vaillant. Les découvertes nouvelles influèrent sur les célébrations à Vierzon, sa ville natale où il repose. La diffusion s’est faite par l’intermédiaire des libraires, sur les salons du livre, lors des conférences, lors de la Fête de l’Humanité, où cette année nous serons présents. Édouard Vaillant intéresse de nombreux lecteurs, ce qui n’est pas surprenant quand on connaît l’histoire de la Commune dans la région. Et je fais ainsi un hommage posthume à mon père, maire pendant 27 ans de la commune de Marçais.

PAYSE ÉDITIONS

Jean Chatelut, 3 route de la Ganne
36170 Saint-Benoît-du-Sault.
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• Je suis membre d’une association, dont l’objet est d’éditer des ouvrages intéressant la région. Les contraintes sont l’obligation d’être exigeant pour le contenu et la mise en forme du livre. Les avantages sont d’échapper à des demandes contredisant les intentions de l’auteur. La diffusion se fait par la visite des librairies et des points de vente jusque dans les plus modestes villages (maisons de la presse, superettes et même cafés) et en proposant un dépôt de quelques volumes. La difficulté est leur suivi. On rencontre aussi le public sur le thème traité ou dans des foires aux livres. Le retour concernant l’intérêt des lecteurs est divers.
Sur les maçons communards, il va de la demande d’informations concernant des personnes — les plus nombreuses — jusqu’à la proposition d’une exposition sur le sujet (y compris à l’occasion d’une fête de village comme c’est le cas pour l’été prochain).

MICHEL PINGLAUT, JEAN ANNEQUIN, JEAN-MARIE FAVIÈRE