LOUISE MICHEL (RE)BIENVENUE EN PROVENCE !

samedi 7 avril 2018 

Les Bouches-du-Rhône s’enrichissent d’une nouvelle appellation d’origine contrôlée (AOC) car, depuis le 4 juillet 2017, le nom de Louise Michel figure au fronton d’une école publique située dans le nord du département. Ce ne sont pas moins de cinq établissements scolaires qui ont adopté le patronyme de Louise Michel, ici, rien que dans les Bouches-du-Rhône. C’est dire que cette grande dame, qui fut appelée la « Vierge rouge », jouit, chez nous, d’une immense popularité !

En ce mardi 4 juillet, la cérémonie commence par la remise, sous le préau, des dictionnaires offerts par la commune aux élèves de CM2 qui intégreront le collège en septembre prochain. Tradition du livre, que madame la directrice, Julie Barriol, ne manque pas de perpétuer en ce grand jour d’inauguration qui précède les grandes vacances… Puis les participants se dirigent vers le centre de la cour, face au hall d’entrée dont la partie supérieure arbore trois drapeaux tricolores jouxtant un voile, dont on devine qu’il masque le nom de Louise Michel.

C’est d’abord Pierre Ferrier, adjoint délégué, qui rappelle brièvement l’histoire de l’école depuis sa création en 1872. Georges Jullien, le maire de Noves ainsi que de sa ville-sœur de Paluds-de-Noves, intervient à son tour. Il remercie les élus présents, les représentants des associations, la directrice ainsi que l’ancien directeur, Louis-Pierre Fabre, qui œuvra tant et tant afin de permettre à l’école de nous apparaître, aujourd’hui, sous un jour aussi flatteur. Il remercie encore Henriette et Michel Boutelier, membres actifs des Ami.e.s de la Commune de Paris 1871, M. François Otto, président du secteur Nord-Alpilles de la Ligue des Droits de l’Homme, les parents et les enfants présents en cette fin d’après-midi festive. Enfin, pour clore le cérémonial, notre maire rappelle qui fut Louise Michel et met l’accent (provençal…) sur la mission qu’elle mena parallèlement à la Commune de Paris, à savoir l’éducation des enfants — des filles d’abord, puis des garçons et des filles sans distinction. D’abord en
Haute-Marne, où elle vit le jour, puis dans le quartier parisien des Batignolles (aujourd’hui dans le XVIIe arrondissement), enfin, tout au long de son exil-déportation en Nouvelle-Calédonie, pendant près de sept ans (1873-1880), où elle organisa une école pour les enfants kanaks. Malgré l’éloignement, elle entretint une correspondance suivie avec Clemenceau et Victor Hugo. Georges Jullien achève son discours en rappelant que Louise Michel a lutté toute sa vie pour les droits des femmes, à une époque où cela n’était pas de mise. Enfin, il fait une allusion à Simone Veil, une grande dame elle aussi, qui vient tout juste de nous quitter.

Chacun sait que Louise Michel est décédée à Marseille en 1905, dans une chambre de l’hôtel Oasis, situé au bas des escaliers de la gare Saint-Charles. Ce fut après une série de conférences qu’elle avait données en Algérie, puis dans la région marseillaise et dans le Var. Sa dépouille demeura douze jours dans la salle de dépôt du cimetière Saint-Pierre. Pas moins de 10 000 personnes suivirent le cortège funèbre en direction de la gare Saint-Charles, d’où le train emmenait leur héroïne jusqu’à Paris. Tant à Marseille qu’à Paris ou à Levallois, l’on entendit «  Vive la Commune ! », suivi de L’Internationale. Son inhumation eut lieu au cimetière de Levallois-Perret, où elle repose près de sa mère. Là, c’est un immense cortège de 120 000 personnes qui l’accompagna. C’est dire si toutes les couches de la société se retrouvaient dans les idéaux et les actions de Louise, enseignante, poétesse, pédagogue, écrivaine, journaliste, communarde, anarchiste, femme politique, féministe, et sans doute très proche de la franc-maçonnerie.

Sait-on aussi qu’Arthur Rimbaud, africain également pour un temps, décéda à Marseille, non loin de l’hôtel Oasis en 1891 ? C’est en effet à l’hôpital de la Conception qu’il rendit son dernier souffle. Arthur, l’Ardennais de Charleville, s’il ne prit pas part à la lutte armée aux côtés des communards au cours des 72 jours que dura l’insurrection, fut présent — on le sait — à leurs côtés et soutint fermement leur action. On retiendra de lui deux poèmes datés de mai 1871, dédiés à ses compagnons et à la capitale révoltée : Chant de guerre parisien et L’Orgie parisienne ou Paris se Repeuple.

Michel BOUTELIER

FÊTE DE LA COMMUNE 2017

jeudi 7 décembre 2017 
par  Pierre 

Plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées le samedi 30 septembre, place de la Commune de Paris sur la Butte-aux-Cailles (XIIIe), pour notre traditionnelle fête annuelle.

Dès 14 heures, l’incontournable Riton la Manivelle ouvrait le programme, en interprétant des chants de la Commune et des chansons pacifistes de la Grande guerre. On continuait dans la même veine avec Malène et le groupe Nag’Air.

Vient ensuite le moment où nos ami.e.s interprètent le Rendez-vous du 18 mars, évocation théâtrale de la Commune de Paris, devant un public attentif et conquis.

Pendant ce temps, sur la place, la fête battait son plein. Le public se pressait autour des stands : à la librairie, où Xavière Gauthier signait ses livres La vierge rouge et Je vous écris de ma nuit ; au stand des t-shirts, qui connaissait un franc succès ; à l’estaminet, bien sûr, où les « communards » se débitaient à un rythme soutenu et où l’on pouvait déguster les nombreux gâteaux préparés pour l’occasion par nos ami.e.s.

La vente et le tirage des bons de soutien numérotés a permis à de nombreux ami.e.s de repartir avec des lots très appréciés.

Puis le groupe Szab entra en scène et mit de suite une chaleureuse ambiance.

C’est Jérôme Gulon, céramiste, auteur, sous le nom de Morèje, de nombreuses mosaïques consacrées à l’insurrection de 1871, qui prononça le discours, rappelant la raison d’être de notre association, tout en évoquant l’œuvre de la Commune et de ses principaux protagonistes. Il s’arrêta notamment sur la Commune et la culture : 72 jours pour instaurer une éducation populaire, laïque et culturelle.

Le groupe La Cascade termina la fête avec un concert qui fit danser un public conquis d’avance.

Joël RAGONNEAU et Michel PUZELAT

LA MONTÉE AU MUR 2017

mardi 19 septembre 2017 

Le samedi 20 mai, sous les frondaisons trouées de lumière du Père-Lachaise, l’atmosphère était à la fois grave et exaltante. Soixante-seize organisations ont répondu à notre appel à la montée au Mur. Chaque année, ce rassemblement nous unit dans le partage des idéaux de la Commune. Notre secrétaire générale, Françoise Bazire, nous l’a rappelé dans son discours, en évoquant aussi les missions de notre association : faire vivre la mémoire de la Commune ; perpétuer son internationalisme, représenté ce jour-là par une amie américaine, un ami d’origine italienne et notre ami turc porteur du drapeau de la Commune ; obtenir la réhabilitation des communardes et des communards...

Quelques moments forts de l’année sont égrenés : comme la résolution du 29 novembre 2016, votée par l’Assemblée nationale, en faveur de la réhabilitation ; l’exposition sur les grilles de l’Hôtel-de-Ville ; et nos démarches à poursuivre pour une station de métro « Commune de Paris-1871  ».

Après le dépôt des gerbes, Charles Fernandez, coresponsable de notre commission patrimoine, a pris la parole : pour saluer et honorer « la mémoire de celles et ceux qui nous ont précédés à une époque où les plus noirs dangers talonnaient les plus grandes espérances ». Charles nous émeut lorsqu’il évoque la fosse commune sous nos pieds, citant quelques vers d’Eugène Pottier, extraits du poème Le monument aux fédérés (1883) : 
« Ici, fut l’abattoir, le charnier,
Qu’il ressuscite la Commune, le monument des fédérés,
Qu’il soit notre réquisitoire...
 »

Notre ami décrit ensuite le Mur comme le lieu emblématique choisi par les communards revenus d’exil en 1880, le lieu par excellence de l’unité ouvrière. C’est justement devant ce Mur que Charles lance un appel à tous les passionnés de la Commune afin de se regrouper pour constituer un cadre de travail, et préparer tous ensemble un retentissant 150e anniversaire. Charles insiste alors sur «  l’urgence à se réapproprier la démocratie, dans une société d’accumulation et de captations éhontées des richesses par une minorité  ». Le contexte actuel social et politique, tant sur le plan national que sur le plan international, nous incite plus que jamais à nous tourner vers la Commune de Paris « qui nous donna à voir ce que peut être une République sociale. »

Oui, la Commune est une inspiration : à nous d’y puiser la force de nous rassembler et de poursuivre nos luttes pour une société meilleure et plus fraternelle. La Commune vibre en nous. Et la commémoration s’achève, comme habituellement, à l’unisson, avec Le Temps des cerises et L’Internationale.

Vive la Commune !

Michèle CAMUS