DES NOUVELLES DU BERRY

samedi 7 avril 2018 

Le temps fort de notre vie associative récente, c’est la réunion interdépartementale qui s’est tenue à Graçay (Cher) le 26 novembre 2017.

Nous avons été reçus au Centre des Grands Moulins (local de la Ligue Française de l’Enseignement) par son directeur, également élu municipal. Pour mieux symboliser l’aspect interdépartemental de la réunion, les présents, venus de l’Indre, du Cher, de la Creuse, de l’Indre-et-Loire, du Loir-et-Cher et même de Paris, ont désigné comme président de séance José Baquero, le président de la Creuse.

Très vite on a insisté sur le rôle de la province dans la Commune, plus active qu’on ne le dit généralement, et dont l’activité, en tout cas, n’est pas assez connue. D’où, par exemple, les nombreuses conférences tournantes qui se tiennent régulièrement avec succès en Berry depuis des mois, dans le but de mettre en lumière nos centaines de natives/natifs provinciaux et d’appréhender l’histoire locale dans le temps de la Commune.

Puis la discussion a tourné sur des documents originaux issus d’archives publiques ou, parfois, d’étonnantes archives personnelles. Certaines d’entre elles pourraient peut-être faire l’objet d’une courte présentation dans le Bulletin, avec l’ouverture d’une rubrique « Découverte » par exemple. L’idée d’un bulletin interdépartemental a même été lancée et est actuellement en cours de réflexion. On a fait circuler une publication récente, le premier tome de la bande dessinée Les Damnés de la Commune, de Raphaël Meyssan.

Les rapports Province-Paris pendant la Commune ont ensuite fait l’objet de nombreux échanges. Ces réflexions sont incontestablement à prolonger dans le cadre contemporain. A ce propos, nous avons émis le souhait que soient renforcés les liens Province-Paris, particulièrement importants à l’approche du 150e anniversaire, pour lequel le Comité berrichon demande que la Province soit bien associée. Ainsi, nous avons demandé que, lors de l’AG de Paris, un temps de parole soit accordé aux délégués des Comités de Province. L’idéal serait que chaque comité local ait un référent à Paris au bureau national, ce qui reviendrait à la création d’une commission mixte Province-Paris.

Nous avons réaffirmé notre grand intérêt pour le suivi de réunions concernant le groupe de travail installé dans le cadre de la thématique 2017, « Peuple au pouvoir, pouvoir du peuple », thème particulièrement intéressant qui devrait accueillir de nombreuses contributions nouvelles.

Parmi les autres éléments figurant à notre ordre du jour et susceptibles d’intéresser en dehors de notre sphère locale, nous mentionnerons notre partenariat avec la Semaine de la Laïcité à Bourges (trop discrètement célébrée au sommet de l’État par les autorités officielles), ainsi que l’avancement de la restauration du portrait d’Ernest-Victor Hareux (Edouard Vaillant en garibaldien). Enfin, il nous paraît qu’après la reconnaissance de la Commune par l’Assemblée nationale, un combat actif est à mener pour que la Commune ait toute sa place dans les programmes scolaires, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement. La réfutation des désinformations habituelles dans les grands médias viendra ensuite ou se tiendra parallèlement. Pourquoi pas une rubrique occasionnelle sur ce sujet dans le bulletin ?

La séance est levée à 12h30. Un repas communeux nous attend au restaurant voisin. Nous y prolongeons nos discussions sérieuses, dans la commune qui entretient jalousement sa réputation de « village le plus drôle de France  ».

Le bureau du Comité du Berry

NOS AMIES ET AMIS DU COMITÉ DIEPPOIS HONORENT LA COMMUNE

samedi 7 avril 2018 

Les Dieppois, Amies et Amis de la Commune de Paris-1871, rejoints par un groupe de Parisiens, fêtaient, les 4 et 5 novembre 2017, le premier anniversaire du vote par l’Assemblée nationale, le 29 novembre 2016, d’une résolution pour la réhabilitation des communards. C’était un événement attendu depuis longtemps par l’association, car il redonne désormais leur honneur à ces milliers de femmes et d’hommes calomniés, emprisonnés, déportés, exécutés, dont le seul tort était d’être le peuple industrieux de Paris et de vouloir une république sociale.

Le samedi 4 novembre, dans le forum de la médiathèque Jean-Renoir de Dieppe, Françoise Bazire, secrétaire nationale de l’association, devant une salle comble, a présenté l’histoire de la Commune, son fonctionnement, ses décisions, sa modernité. La conférence était suivie d’un débat riche, avec de nombreuses interventions faisant le rapprochement entre les idées de la Commune et l’époque actuelle, et s’interrogeant sur les pistes possibles pour inventer une nouvelle démocratie.

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Le square Louise Michel de Dieppe

Le dimanche 5 novembre se tenait le deuxième rendez-vous, en présence du député Sébastien Jumel, du maire de Dieppe Nicolas Langlois, et de plusieurs conseillers municipaux : le rassemblement annuel qui rend hommage à tous les communards et à Louise Michel, rentrée de déportation en Nouvelle-Calédonie par le port de Dieppe en novembre 1880, après l’amnistie. Exceptionnellement ce rendez-vous annuel s’est tenu dans le petit square Louise-Michel à cause des travaux sur la Tour aux Crabes. Discours, chants, échanges, projets pour 2018, ont permis aux participants de conclure que « la Commune n’est pas morte  ».

Ensuite, nous nous sommes rendus à notre lieu habituel pour le banquet traditionnel, avec les amis et amies dieppois.e.s et parisien.ne.s. Ce moment convivial est incontournable pour toutes et tous, un délicieux et très joyeux repas, durant lequel les chansons s’entonnent facilement.

De quoi nous faire attendre l’année suivante avec envie !

Nelly BAULT et Françoise BAZIRE

MARSEILLE : À LA MÉMOIRE DE GASTON CRÉMIEUX

samedi 7 avril 2018 

Le 3 décembre 2017, malgré un vent glacial, nous nous sommes réunis à plusieurs à Marseille, dans les jardins du Pharo, pour rendre hommage à Gaston Crémieux, sur les lieux où il a été fusillé sur l’ordre d’Adolphe Thiers, le 30 novembre 1871.

La prise de parole des Amies et Amis de la Commune a porté sur l’action de cet « avocat des pauvres  », comme l’avait surnommé la bourgeoisie locale qui le considérait comme un traître.
Il est vrai que cet avocat, qui ne supportait pas les injustices, et dont la fibre patriotique n’acceptait pas la reddition de la France de Napoléon III à la Prusse, a joué un rôle de leader dans les insurrections de Marseille de 1870-1871.

Le représentant de la Libre Pensée — Gaston Crémieux était libre penseur — a fait, lui, le lien avec les 639 fusillés pour l’exemple de la guerre 14-18, dont le centenaire réveille la mémoire, et rappelé les mutineries de 1917, année qui fut aussi en Russie celle d’événements révolutionnaires dans la ligne de la Commune, même si la suite a été loin de répondre aux espoirs soulevés.

De même qu’il y a une action pour la réhabilitation des fusillés pour l’exemple, nous poursuivons notre action pour que la mairie fasse apposer une plaque sur une stèle, rappelant ce que fit ce grand humaniste marseillais dans l’insurrection révolutionnaire de la ville.

Nous avons noté la présence aux côtés de notre camarade Christian Pellicani, conseiller des 1er et 7e arrondissements, de Marie-Françoise Palloix conseillère des 6e et 8e arrondissements, qui a porté plusieurs fois cette revendication auprès du maire de Marseille. Deux journalistes de La Marseillaise ont fait un compte rendu.

Michel KADOUCH